
L’adoubement est une bénédiction de l’Eglise (un sacramental) qui crée le chevalier.
Il est conféré par un évêque au moyen du rituel de la Benedictio novi militis.
Au Moyen-Age l’Eglise a voulu pacifier les pratiques guerrières et les mettre au service de l'évangélisation. Dès la fin de l'Empire romain et dans les premiers temps du Haut Moyen Age, les jeunes guerriers recevaient leurs armes au cours d’une cérémonie manifestant leur passage à l’âge adulte. Cette cérémonie prit une valeur particulière quand les Germains, mais aussi les Gaulois, adoptèrent certains traits de la civilisation romaine et surtout la religion chrétienne. L’Eglise commença par bénir l’épée du « nouveau soldat » puis elle bénit le « novus miles » lui-même. Le rituel de la « benedictio novi militis » trouva vers l’an mil la forme sous laquelle il fut inscrit par la suite dans le Pontifical Romain. L’adoubement liturgique est donc un sacramental, qui donne mission au nouveau chevalier de défendre l’Eglise et de promouvoir la chrétienté et la paix. Il donne aussi la grâce de se sanctifier en accomplissant la mission confiée.
vocation de laïcs
La chevalerie aujourd’hui est toujours d’actualité.
Elle se place au service de l’Eglise et de la chrétienté (au sens de la doctrine sociale de l'Eglise, on parle de chrétienté lorsque le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel collaborent en vue du bien commun).
Les premiers adoubements liturgiques au sein de la Militia Sanctae Mariae, selon le Pontifical Romain, ont été conférés en 1947 par Dom Gontard, abbé de Saint Wandrille.
Pour approfondir : Benedictio Novi Militis
L’Eglise a d’abord institué les rites de la chevalerie séculière : la veillée d’armes, la déposition de l’épée sur l’autel, la bénédiction des armes et la bénédiction du chevalier, la remise de l’étendard et de la croix ; puis elle a consacré l’existence des ordres militaires, mêlant ainsi intimement le combat spirituel du moine au combat du chevalier en introduisant dans la liturgie chevaleresque les principaux éléments de la liturgie monastique.
La Benedictio novi militis est le sommet de la liturgie chevaleresque et le couronnement du long rituel commencé la veille au soir. Par elle, le chevalier est constitué dans un état nouveau, revêtu de ses « armes de lumière », et armé pour le « double combat », spirituel et temporel, qu’il a reçu mission de livrer dans le monde pour le Christ-Roi, jusqu’à ce qu’il revienne.
Trois formes principales d'adoubement ont existé entre le IXème siècle et le XIIIème siècle.
Extrait du pontifical de Guillaume Durand (deuxième moitié du XIIIème)
" Dieu Saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, qui seul ordonnez toutes choses et les disposez comme il convient, c'est pour que la Justice ait ici-bas un appui, (.../...) A un enfant, à David, vous avez autrefois donné la victoire sur Goliath. Vous avez pris la main de Judas Machabée (.../...) envoyez-lui du haut du ciel les forces et la vaillance dont il a besoin pour la défense de la justice et de la vérité ; donnez-lui l'augment de la foi, de l'espérance et de la charité ; donnez-lui la crainte et l'amour, l'humilité et la persévérance, l'obéissance et la patience. Disposez tout en lui comme il le faut, afin qu'avec cette épée, il ne frappe jamais personne injustement et afin qu'il défende avec elle tout ce qui est juste, tout ce qui est droit ".Extrait du manuscrit 4748 de la Vaticane
" (.../...) ce qui est par terre, relève-le. Ce que tu auras relevé, conserve-le. Ce qui est injuste ici-bas, abats-le (.../...) C'est ainsi que, glorieux et fier du seul triomphe des vertus, tu parviendras au royaume de là-haut, où avec le Christ dont tu portes le type, tu règneras éternellement ".
Cette page est extraite du livre de Léon Gautier la Chevalerie édité en 1895 et réimprimé dans la collection Galaad en 1996.
A la suite de Vatican II, la Benedictio Novi Militis n'a plus été retenue dans le livre des Bénédictions de l'Eglise Catholique. Elle n’a pourtant pas été abrogée.
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